Question de concours : que pensez-vous de l'Europe aujourd'hui? 

www.pcfp.fr vous offre chaque semaine son expertise pour préparer votre concours administratif de la fonction publique.

Voici une technique de réponse en trois temps, très prisée dans les grands oraux des écoles d’élites : contexte, enjeux, prise de position.

Nous la reprendrons lors de certains articles afin de vous proposer une structure argumentative pour votre concours.

 

Pourquoi adopter la structure Contexte - enjeux - prise de position?

 

  • Le contexte permet de définir clairement de quoi vous parler et de quelle manière vous allez en parler. 
  • Les enjeux permettent de dégager les avantages et les inconvénients du sujet qui vous est posé. 
  • La prise de position est une affirmation pondérée de votre point de vue qui permet de montrer que votre conception est en phase avec l'argumentation quez vous venez de développer. 

 

Entre repli et élargissement: une Europe hésitante (contexte)

Penser l’Europe aujourd’hui nécessite d’abord d’en comprendre la manière dont elle évolue. Et son évolution se structure au gré des débats et harmonies que ses pays membres peuvent, ou non, trouver. J’aborderai deux événements majeurs à prendre en compte pour penser l’Europe. Tout d’abord, le Brexit. Malgré un vote en 2016 des citoyens britanniques majoritairement favorables à une sortie de l’Europe, les parlementaires peinent à trouver avec les états membres un compromis pour un retrait avec ou sans accord : on parlerait même de « feuilleton à rebondissements ».  Même la ténacité récente de Boris Johnson, premier ministre pro « no deal », s’est heurtée à un nouveau refus et surtout à un refus de débattre au Parlement. Second élément, les réticences exprimées au Conseil de l’Europe par le Président Macron quant à un élargissement de l’Union à l’Albanie et la Macédoine du Nord. Quels sont les enjeux de ces deux éléments du débat ?

 

Eviter le radicalisme extrémiste tout en respectant la souveraineté populaire (Enjeux)

A mon sens, le Brexit est une toile de fond qui montre que l’Europe demeure craintive quant au crédit donné à l’expression d’une souveraineté populaire (sortir de l’Europe). Cette inquiétude quant à un vote considéré comme populiste s’entend à travers la bouche du Chef de notre Etat. En effet, ne pas ouvrir davantage l’Europe est moins le signe d’un repli que la volonté de ne pas donner du jeu aux partis nationalistes qui taxeraient la position du Président français de laxiste quant à sa stratégie vis-à-vis des flux migratoires. En somme, à l’heure où l’Angleterre continue ses atermoiements, entre inclusion forcée et départ assumé, la réflexion est au renforcement d’une Europe déjà géographiquement et politiquement en quête de sens plutôt qu’à un expansionnisme fondé sur l’unique sentiment de générosité. Il coûterait certainement politiquement cher.  

 

Trouver un consensus à la table des négociations communautaires (prise de position)

En tant qu’agent de la fonction publique, être pro-européen ne signifie pas pour moi que notre Etat et nos administrations perdent de leur pouvoir au profit de forces supranationales. Il s’agit de trouver, au gré des délibérations qui agitent Bruxelles et s’y concentrent, de s’interroger sur les premières raisons qui ont fondé la dynamique même d’Union : trouver, après la seconde guerre, une narration commune qui nous évite de nouvelles tragédies. Je considère qu’il faudra encore du temps et du courage pour celles et ceux qui s’efforcent de cimenter cette énergie première.  

 

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